Les données administratives, à savoir les données provenant des systèmes d’enregistrement de l’état civil et des statistiques de l’état civil, ainsi que des systèmes d’information de gestion sectoriels (santé, éducation, justice, protection sociale), sont riches d’enseignements sur les besoins et les priorités des citoyens. Bien que des données administratives actualisées et désagrégées puissent compléter les statistiques officielles, elles présentent leurs propres problèmes de qualité, de disponibilité et d’utilisation. Grâce à notre programme AD3 (Administrative Data-Driven Decisions) au Sénégal, en partenariat avec la Fondation William & Flora Hewlett, DG travaille avec l’Agence Nationale de l’Aviation Civile et de la Météorologie (ANACIM) et le Groupe de Travail Pluridisciplinaire (GTP) sur la sécurité alimentaire. Ce groupe est constitué d’acteurs gouvernementaux issus des services techniques en charge de l’agriculture, de l’hydrologie, de l’élevage, de la sécurité alimentaire, de la pêche, de la protection des végétaux, du Centre de Surveillance Ecologique, du Département du Service de Santé Publique ; d’acteurs privés tels que des journalistes, des instituts de recherche ; de partenaires techniques et financiers (PAM, USAID, FAO) ; et d’Organisations de la Société Civile. L’objectif d’AD3 est d’utiliser les données administratives pour aider les membres du GTP à mieux informer les mesures d’alerte précoce et de prévention en matière de sécurité alimentaire.
Par le biais d’AD3, nous avons développé un tableau de bord qui se concentre sur le climat, les prix du marché, les maladies du bétail, le niveau des fleuves et les précipitations annuelles, entre autres thèmes. Si le tableau de bord lui-même est un référentiel d’informations utile, la méthode d’élaboration des cartes et d’itération des commentaires des utilisateurs a permis d’identifier les bonnes pratiques en matière de visualisation des données. Prenons un exemple de la manière dont nous avons abordé cette question : la visualisation des précipitations annuelles.
Pour DG, la première étape de la conception de toute visualisation consiste à comprendre quelles sont les données disponibles et à identifier le contexte d’utilisation, c’est-à-dire ce que les utilisateurs font (ou veulent faire) avec les données. Cette histoire nous aide à comprendre le type de décisions que les utilisateurs doivent prendre avec les données et à déterminer le type d’analyse le plus approprié.
Dans le cas des précipitations, ANACIM collecte les précipitations totales par jour en millimètres dans 22 stations pluviométriques à travers le pays. A partir des données pluviométriques des dix dernières années, l’ANACIM établit une moyenne pluviométrique par station, appelée normale. Celle-ci sert de référence pour la quantité de pluie que le lieu devrait recevoir.
Au cours d’un atelier de co-conception avec les membres du GTP, nous avons appris que les utilisateurs doivent identifier quand et où se produisent des régimes de pluie anormaux et comprendre comment ceux-ci peuvent affecter la production agricole. Par exemple, comprendre que le phénomène de sécheresse peut aider les décideurs et les planificateurs à prendre des mesures pour réduire les dommages potentiels à la sécurité alimentaire.
Une façon de visualiser les données pluviométriques est d’afficher sur une carte la quantité de précipitations par décade (période de 10 jours). Grâce à ces informations, les utilisateurs peuvent facilement mesurer la quantité de pluie au niveau national.

Connaître la quantité de pluie enregistrée dans un endroit est important, mais ce n’est pas une information suffisante pour savoir si une alerte doit être activée. Par exemple, de faibles niveaux de précipitations à Tambacounda au début du mois de mai peuvent être le schéma habituel des pluies à Tambacounda, et la population a probablement déjà mis en place des systèmes pour y répondre, par exemple en retardant le début des plantations. Pour déterminer si un régime de pluie affectera la sécurité alimentaire, les membres du GTP doivent savoir si ce niveau de pluie est anormal pour la région. Pour visualiser cela, nous avons créé une carte qui montre la différence en pourcentage entre la quantité de pluie reçue dans un endroit et la pluviométrie normale dans cet endroit au cours de la dernière décennie. Figure 2 : Carte des anomalies avec la différence en pourcentage entre la pluie réelle et la pluie normale.

Comme étape finale dans la conception de cette visualisation, les utilisateurs ont mentionné qu’il était important de voir les deux cartes l’une à côté de l’autre, et de pouvoir les comparer pour la même période. En réponse, nous avons créé une interface qui permet à l’utilisateur d’appliquer des filtres qui affectent les deux cartes en même temps. Figure 3 : Maquette d’une interface avec deux cartes utilisant une seule interface de filtre.


Outre la conception d’une visualisation qui répond aux besoins des utilisateurs en matière d’analyse de données, nous nous attachons également à réaliser des visualisations claires et faciles à comprendre.
La carte a droite est un premier prototype pour la carte des précipitations en mm. Cette version est basée sur une carte créée par l’ANACIM et partagée avec les membres du GTP au format PDF. Comme vous le voyez sur la carte, les chiffres de la légende n’ont pas d’unité. Il est important de toujours inclure l’unité pour toute visualisation, par exemple, les précipitations rapportées en millimètres. Deuxièmement, les légendes peuvent être surchargées lorsqu’il y a beaucoup d’informations. Pour une version PDF du rapport, il est important que les utilisateurs puissent facilement associer chaque couleur à la catégorie de précipitations correspondante.

L’un des avantages d’un tableau de bord en ligne est la possibilité pour les utilisateurs d’interagir avec la visualisation. Dans le cas de la carte, les utilisateurs peuvent survoler un lieu et voir la quantité exacte de précipitations. Par conséquent, nous avons pu concevoir une légende de carte avec moins de données chiffrées.
Le tableau de bord a été finalisé et lancé l’année dernière, ainsi qu’un plan de formation de nos partenaires.

